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La Suisse a voté contre le « Vollgeld »

Suisse Vollgeld
 
L’initiative pour la « monnaie pleine » souveraine soumise à référendum en Suisse vient d’être rejetée, un peu moins de 25 % des électeurs seulement l’ayant approuvé.
 
Le texte soumis au vote des Suisses visait à donner à la seule Banque nationale la possibilité de créer de l’argent, alors qu’à l’heure actuelle, 90 % de l’argent qui circule en Suisse est de la monnaie scripturale virtuelle créée par les banques privées.
 
Les initiateurs du référendum voulaient en finir avec le système où les avoirs en banque ne sont que des « promesses de paiement » de la part de ces institutions privées, dont nul ne sait ce qu’il adviendrait en cas de crise.
 

Les Suisses rejettent la monnaie pleine à plus de 75 %

 
Alors que tout argent liquide est déjà une monnaie pleine, il s’agissait en somme d’obliger à ce que l’argent qui circule de manière électronique bénéficie d’une garantie de la part de la confédération suisse par le biais de sa Banque nationale, qui aurait seule capacité d’émettre des billets de banque mais aussi de la monnaie scripturale.
 
L’adoption de la mesure aurait mis un frein aux prêts bancaires, les banques privées étant autorisées à prêter les seuls sommes placées sur des comptes de placement rémunérés en fonction du risque pris.
 

Le « Vollgeld » contre la monnaie scripturale créée par les banques privées

 
L’initiative ne visait pas à mettre fin à l’indépendance de la Banque nationale suisse, mais à lui donner davantage de moyens d’empêcher les bulles qui ont entraîné la grande crise financière de 2008.
 
L’importance du rejet de la monnaie pleine est attribuée par la presse à la prudence naturelle des Suisses, spécialement dans le domaine financier. Mais selon le groupe britannique Positive Money, l’échec du référendum marque tout de même « le début d’une conversation globale sur la question de savoir si le contrôle de la création monétaire doit être entre des mains privées ou publiques ».
 

Anne Dolhein