Elus locaux, réduction des dépenses publiques : Macron a raison

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Edouard Philippe et Emmanuel Macron vont à la rencontre des élus locaux à l’occasion de la première Conférence des Territoires.


 
Parmi les nombreuses promesses de la présidentielle d’Emmanuel Macron figurait la réduction des dépenses publiques. Celles de l’Etat et les autres : c’est la raison des efforts demandés aux élus locaux. Du bon travail dans un mauvais dessein.
 
Macron copie Trump mais on ne le dit pas : il tient président le même langage qu’il tenait candidat, ce qui satisfait les militants dans un cas comme dans l’autre. Ce n’est pas seulement une question de communication : « faire de la politique autrement », « réconcilier le peuple et les élites », séduire l’électorat, implique de tenir au moins partiellement les promesses de campagne.
 

La réduction des dépenses publiques ? seul choix du mondialiste Macron

 
Le président n’a pas promis de fermer les frontières à l’immigration ni aux biens et capitaux, au contraire : aussi les ouvre-t-il toutes grandes pour accomplir le dessein mondialiste dont il est le mandataire en France. Mais pour y arriver il doit garder une bonne image et améliorer suffisamment de choses pour que le peuple lui accorde sa confiance. Aussi Macron s’attache-t-il à rétablir un peu notre économie pour qu’elle puisse s’adapter sans trop de casse au destin mondialiste qu’on lui prépare. Cela passe par une réduction des dépenses publiques, qui sont les plus fortes en Europe, et que le précédent quinquennat a encore augmentées malgré des promesses inverses.
 

La France championne des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques

 
Macron a raison d’agir comme il le fait. Il faut bien comprendre que sa marge de manœuvre est très faible. Comme il ne veut pas fermer les frontières, il ne peut ni réduire les dépenses liées à l’immigration, ni retrouver son autonomie monétaire, financière et commerciale. Ceux qui auraient voté Fillon, Juppé, Mélenchon ou Hamon et qui souhaitent quand même redresser les finances doivent approuver le plan d’économie de 80 milliards d’euros sur les dépenses publiques qu’il propose et juger comme le FMI ses réformes « courageuses ». Il doit tailler dans les budgets sur lesquels tout le monde est d’accord. Or tout le monde doit reconnaître que les dépenses des administrations publiques en France dépassent celles de tous leurs voisins et amis en Europe, quelle que soit la taille du pays, tant pour la masse salariale que pour les prestations sociales. Tout le monde doit reconnaître que les prélèvements obligatoires dépassent chez nous ceux de nos partenaires, recettes non fiscales, et taxes sur la consommation, le travail et le capital additionnées.

Macron agace les élus locaux mais satisfait les Français

 
Tout le monde constate encore que la dette publique française exprimée en pourcentage du PIB, historiquement inférieure à celles de l’Allemagne et de la zone Euro France exclue, les a dépassées depuis 2014. Tout le monde tombe d’accord pour réduire et le nombre d’élus nationaux et les dépenses de l’Etat : tout le monde doit donc tomber d’accord pour réduire et le nombre d’élus locaux et les dépenses de collectivités locales. Quand Macron entend supprimer la taxe d’habitation et réduire progressivement la dotation de l’Etat aux communes et aux autres collectivités territoriales, il ennuie les élus locaux qui font leurs comptes, mais il satisfait tous les Français qui font les leurs, et qui ont vu leurs impôts dilapidés en salles de sport et piscines inutiles ou en conseils régionaux pharaoniques.
 

Macron champion de la Raison d’Etat

 
Tout le monde doit encore remarquer que le président Macron affronte une situation financière très mauvaise provoquée par la mauvaise gestion de son prédécesseur à l’Elysée François Hollande. Une mauvaise gestion d’ailleurs masquée sans trop de scrupules, comme l’a noté la cour des comptes en parlant de comptes « insincères » et en découvrant un « trou » inattendu de 8 milliards d’euros. On relèvera bien sûr qu’Emmanuel Macron était ministre de l’Economie et des finances jusqu’au mois d’août 2016, mais cela fait une belle jambe au président Macron : le Macron 2017 n’est pas plus comptable des actes du Macron 2016 que Louis XII devenu roi en 1498 n’avait à venger les querelles du duc d’Orléans qu’il était encore un an auparavant. Telle est la raison d’Etat qui doit régler l’action du président.
 

Pauline Mille