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“Avortement, les croisés contre-attaquent” : l’émission militante d’Arte ferait presque croire à la victoire des provie

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C’est avec l’argent du contribuable, à travers le financement de la chaîne publique Arte et l’apport du Conseil régional d’Ile-de-France, qu’Alexandra Jousset et Andrea Rawlins-Gaston ont réalisé une émission d’une heure et demie sur les défenseurs de la vie, programmée à l’occasion de la journée internationale de la femme la semaine dernière. Emission militante – mais l’avortement n’est-il pas en France élevé au rang de « droit fondamental de l’homme » depuis que l’Assemblée nationale a adopté une résolution en ce sens ? Avortement, les croisés contre-attaquent ferait presque croire à la force et à la réussite prochaine d’une gigantesque conspiration mondiale pour la vie. Si seulement…
 
Les réalisatrices, en faisant mine de soulever le voile sur un complot contre les femmes, découvrent plutôt l’eau tiède. Oui, un militant provie se bat contre l’avortement, cela n’a rien de surprenant. Oui, à l’ère d’Internet, il lui arrive de se mettre en réseau avec ses semblables, dans son propre pays ou – horresco referens – au-delà des frontières de celui-ci. Arte s’en offusque : le globalisme serait-il réservé à une élite ? Oui, de jeunes « survivants » nés bien après la légalisation de l’IVG tentent de casser les codes pour convaincre leurs semblables de choisir la vie. Oui, c’est une lutte qui exige des moyens et donc de l’argent. Et non, il n’y a pas de culture du secret, puisque le reportage d’Alexandra Jousset et d’Andrea Rawlins-Gaston leur a permis de pénétrer, caméra au poing, dans les supposés bastions des supposés comploteurs avec la bénédiction de ces derniers…
 
Autant dire que l’émission est un bel exemple du « fais-moi peur » médiatique, désinformateur à plus d’un titre, avec une réalisation très soignée.
 

“Avortement : les croisés contre-attaquent” – c’est qu’ils ont bien été attaqués

 
On nous sert évidemment des cas tragiques, comme celui de cette Sicilienne morte à l’hôpital alors qu’elle attendait des jumeaux et que les médecins objecteurs de conscience (80 % du corps médical en Italie) ont refusé de pratiquer l’avortement qui l’aurait sauvé. Enfin, c’est ce que l’on nous dit. Car rien n’est précisé à propos de son dossier médical, des raisons de sa mort… Le lobby de l’avortement est coutumier du fait : le prochain référendum irlandais sur la fin de la protection de la vie à naître au même titre que celle des mères n’a-t-il pas été déclenché grâce à l’exploitation d’un fait divers similaire, le cas de Savita Halappanavar, enceinte et morte d’une septicémie à la fois mal diagnostiquée et mal soignée ?
 
Sur cette femme amputée des quatre membres dans un hôpital français à la suite d’un avortement mal pratiqué, on est moins disert.
 
Arte préfère ressortir les images des affreux manifestants pour la vie, en France, en Espagne ou en Pologne. La chaîne construit un dossier à charge où l’expression d’une opinion provie est en elle-même présentée comme insupportable ; des témoignages de femmes ayant « dû » aller avorter ailleurs, ici ou là en Europe, viennent prouver l’efficacité d’une action liberticide…
 

Une émission d’Arte s’en prend aux provie : pas convaincant

 
Où sont les méchants ? Ce sont ceux qui – en Italie notamment – organisent l’enterrement des enfants à naître, à l’insu de leurs mères (mais où est le problème ?). Ce sont ceux qui, en Russie, grâce aux fonds de l’oligarque Konstantin Malofeev, ouvrent des « Maisons des mamans » pour aider des femmes souhaitant garder leur enfant malgré la difficulté de leur situation à mener leur grossesse à terme… Ce sont les habitués du « World Congress of Families » – supposément financés par les Etats-Unis, qui osent promouvoir la famille traditionnelle et le respect de la vie …
 
Il y avait, sur Malofeev, bien d’autres choses à dire – on pouvait s’intéresser à ses liens avec le gnostique auto-revendiqué Alexandre Douguine, par exemple. Mais qui s’en offusque ?
 
A propos du financement de certains groupes qui ne se cachent pas de faire du lobbying provie, le documentaire d’Arte se contente de poser une équation simple : on dépense de l’argent pour dire « halte » à l’avortement, et c’est mal. Point.
 
Que les fondations de George Soros dépensent des sommes autrement plus importantes pour promouvoir la légalisation de l’avortement, ce n’est pas un problème… Que les Irlandais aient dû légiférer pour interdire l’apport d’argent étranger dans la besace de campagne des partisans de l’avortement pour peser sur le référendum du mois de mai, non plus. Que Bill et Melinda Gates financent à coups de millions des campagnes de contraception dans le tiers-monde, mais aussi les pourvoyeurs mondiaux d’avortement que sont la Fédération internationale du Planning familial ou Marie Stopes International, c’est tout juste la preuve de leur sens civique… Arte ne vous en parlera pas.
 
La manipulation des consciences existe bien, mais elle est de l’autre côté. Si les défenseurs de la vie avaient une fraction des moyens de ceux qui la pratiquent pour imposer la culture du mort, on n’en serait pas là.
 

Jeanne Smits