Donald Trump : encore une « nomination Goldman Sachs ». Cette fois, c’est Gary Cohn

Donald Trump nomination Goldman Sachs Gary Cohn

Gary Cohn le 29 novembre 2016 à la Trump Tower


 
Le Conseil économique national des Etats-Unis (NEC) a son nouveau président : Gary Cohn, PDG de Goldman Sachs. Donald Trump l’avait reçu fin novembre, sans que l’on sache si c’était pour de simples consultations ou pour une nomination : quelques jours plus tard, c’est un autre partenaire de Goldman Sachs, Steven Mnuchin, qui se voyait attribuer le poste clef de secrétaire du Trésor. Un autre ancien de la banque, Steve Bannon, sera le conseiller stratégique principal de Trump à la Maison Blanche – il travaillait aux fusions et acquisitions chez Goldman Sachs avant de prendre la tête du site d’information pro-Trump, Breitbart News.
 
Cela commence à faire beaucoup alors que pendant toute la durée de sa campagne, Donald Trump a dénoncé les liens de l’entourage de son adversaire Hillary Clinton avec Goldman Sachs, et qu’il a accusé le sénateur Ted Cruz du Texas, son rival aux primaires, d’être carrément « au lit » avec la banque : « Goldman Sachs le possède, il fera tout ce qu’ils demandent », disait-il alors.
 

Nouvelle nomination Goldman Sachs dans l’équipe Trump

 
Gary Cohn a passé 25 ans de sa carrière chez Goldman Sachs. En prenant la tête du Conseil économique national, il s’inscrit dans une histoire déjà bien établie. Le NEC avait été créé par Bill Clinton en vue de « coordonner la politique sur les questions domestiques et internationales, de coordonner les conseils de politique économique pour le Président » et plus largement pour vérifier que la politique économique choisie soit bien mise en œuvre. Son premier président était Robert Rubin, qui était à l’époque coprésident de Goldman Sachs…
 
The New American devine ici la main du gendre de Donald Trump : Jared Kushner, mari d’Ivanka Trump, est très proche de Gary Cohn, et il devrait lui-même jouer un rôle de conseiller stratégique auprès de son beau-père à Washington.
 
Cohn, quant à lui, est un Démocrate encarté, qui a déjà donné des fonds aux campagnes démocrates et républicaines, sauf en 2016 où il a seulement doté la campagne républicaine.
 
Il est connu pour ses positions internationalistes, notamment dans le domaine économique, et estime qu’il faut d’abord régler la question de la croissance mondiale avant de pouvoir améliorer la situation aux États-Unis par des politiques internes. Il prône également le recours à une force de travail globalisée, et il est favorable à ce que les entreprises puissent engager des travailleurs dont ils ont besoin n’importe où dans le monde. Sans surprise, il participe aux sommets du globalisme, notamment au Forum économique mondial à Davos.
 

Gary Cohn, le PDG de Goldman Sachs, dans l’équipe de Donald Trump

 
Là où il trouve un terrain d’entente avec Trump, c’est dans sa volonté de défaire les réglementations imposées aux banques à la suite de la crise de 2008.
 
Il a d’ailleurs toute raison d’être reconnaissant à l’égard du président élu : le 14 novembre dernier, Cohn possédait 872.712 actions de Goldman Sachs, d’une valeur totale de plus de 200 millions de dollars. Depuis l’élection, la promesse de Trump d’assouplir les réglementations financières en faveur des banques ont poussé la valeur de leurs actions à la hausse : celles de Goldman Sachs ont crû de 34 %.
 
Il faut noter aussi que l’ancien PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, proche ami de Gary Cohn à qui il a cédé la place en partant à la retraite, a dit très récemment au Wall Street Journal que Trump « est un gars très astucieux » – il pourrait bien « se révéler un bien meilleur président que n’importe qui d’autre à cette place ».
 
Est-ce une bonne nouvelle ?
 

Anne Dolhein