Quand l’ONU rend hommage à un dictateur sanguinaire : Fidel Castro

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Hommage officiel dans la Salle de l’assemblée générale de l’ONU,
à New York le 20 décembre 2016.


 
La mort de Fidel Castro, sanguinaire dictateur de Cuba, a provoqué un concert de louanges qui s’est fait particulièrement hagiographique aux Nations unies. Que ce soit à l’ONU, à l’UNESCO ou dans le cadre d’autres agences onusiennes, Castro est glorifié comme un héros. Le sommet a été atteint le 20 décembre lors d’un hommage officiel dans la Salle de l’assemblée générale de l’ONU à New York.
 
Tout a commencé avec une minute de silence, ce rituel maçonnique, dès le jour du décès de Castro, le 25 novembre dernier. Puis, à la demande de l’allié de toujours, le Venezuela, remarquable par son effondrement économique actuel et son attachement au socialisme tyrannique, c’est le Conseil des droits de l’homme de l’ONU qui a organisé à son tour une minute de silence le 5 décembre dernier. Le délégué du Venezuela saluait à cette occasion « la lutte constante » de Castro « pour les peuples du tiers-monde ».
 
Ban Ki-moon, Secrétaire général sortant, a trouvé intelligent de saluer la mémoire du « président de Cuba de 1976 à 2008 » en lui rendant hommage pour les « avancées de Cuba dans les domaines de l’éducation, du lettrisme et de la santé » ; par son porte-parole, il ajoutait que Castro avait été « une voix forte pour la justice sociale ». Alors que 10 % des Cubains ont fui leur patrie, que sur place, la pauvreté et la misère restent endémiques, et que l’entreprise privée y est toujours aux prises avec un étatisme communiste paralysant, tout cela ne manque pas de sel.
 

L’hommage de l’ONU au communiste Fidel Castro

 
Le président de l’assemblée générale de l’ONU, Peter Thomson, s’est fendu de condoléances officielles non seulement à la famille des Castro, mais au peuple de Cuba. « Fidèle Castro était l’un des leaders iconiques du XXe siècle. Mu par un grand amour pour sa patrie et pour le peuple cubain, il a voué sa vie à leur bien-être et à leur développement. Avocat infatigable de l’équité dans la sphère internationale, Fidel Castro a été un modèle d’inspiration pour les pays en développement en particulier », a-t-il déclaré.
 
La commémoration du 20 décembre a quant à elle été organisé par le « groupe des 77  », composé de 132 pays, qui comporte une très grande majorité de pays en voie de développement et aussi la Chine: ce G77 a tenu sa première rencontre à La Havane au cours des années 1960.
 
Le site anticommuniste The New American dénonce les multiples mensonges contenus dans ces éloges qui vont bien au-delà du simple message diplomatique. Selon Nevin Gussack, spécialiste de Cuba, les succès du castrisme ont été largement mis en scène, façon village Potemkine, pour épater le gogo de gauche. « Comme leurs homologues idéologiques du monde communiste, les services de renseignement cubain ainsi que l’appareil de politique étrangère a mis en place un « tour Potemkine » sophistiqué pour démontrer combien le communisme cubain avait supposément bénéficié aux citoyen moyens. »
 

Ce dictateur sanguinaire qu’affectionne l’ONU

 
C’est ce qu’ont révélé des dissidents qui ont réussi à quitter l’île. Juan Menier Rodriguez raconte ainsi les visites d’étrangers à quelques nouvelles écoles et nouveaux hôpitaux : « Ils repartaient, impressionnés. Ce qu’ils ne comprenaient pas, c’est que de nombreux professeurs étaient à moitié illettrés et que même les médicaments les plus simples n’étaient pas disponibles. » Il n’est pas le seul.
 
Selon le défunt professeur de sciences politiques de l’université d’Hawaï, Rudolph J. Rummel, spécialiste du « démocide », régime de Castro a fait quelque 33.000 victimes politiques au cours de ces 30 premières années de pouvoir. On s’accorde généralement sur une estimation moyenne de 15.000 victimes certaines. A l’échelle des États-Unis, cela correspondrait à quelque 700.000 assassinats politiques.
 

Entre l’ONU et Fidel Castro, une longue complicité

 
A ces « contre-révolutionnaires » le plus souvent exécutés d’une balle, s’ajoutent les victimes de tortures et ceux qui ont été abattus alors qu’ils tentaient de s’échapper par des moyens de fortune de « l’île prison » pour rejoindre la Floride. Quant aux emprisonnés, leur nombre est impressionnant : on estime que Castro a mis sous les verrous une plus forte proportion de sa population qu’Adolf Hitler ou Joseph Staline.
 
L’ONU affiche là une belle continuité avec sa propre logique. On se souviendra qu’en 2014, l’OMS, avec à sa tête le responsable chinoise, a nommé le ministre de la santé publique cubain président son organe décisionnaire, l’Assemblée mondiale de la santé. Cuba fait également partie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. L’UNESCO, l’agence pour l’éducation qui œuvre à la normalisation des programmes et des méthodes scolaires dans le monde entier, a pour sa part rendu hommage au révolutionnaires et assassin Che Guevara, longtemps homme de main de Castro.
 
Bref, l’ONU a toujours été favorable à Castro et l’a soutenu sans faille. Au nom des droits de l’homme et du tiers-monde – le refrain n’a pas changé.
 

Anne Dolhein