Suisse : la 40e Journée du tir cantonal bernois sous le signe de la résistance au terrorisme

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Guy Parmelin


 
Nos voisins helvétiques ne voient pas où est le problème quand il s’agit d’armer des citoyens paisibles et respectueux de la loi. On sait que les Suisses conservent chez eux leur arme militaire une fois leur service obligatoire effectué. Lors de la 40e journée du tir cantonal bernois, qui s’est tenue dimanche à Reconvilier, dans le Jura bernois, le conseiller fédéral Guy Parmelin n’a pas hésité à mettre l’accent sur le terrorisme et sur le devoir de résistance à celui-ci.
 
C’est une manière de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : face à la menace d’attentats à la fois de plus en plus violents et souvent de plus en plus artisanaux, avoir une population en mesure de se défendre est une excellente chose. Les journées de tir cantonal, organisées dans différents cantons de Suisse depuis le XIXe siècle, illustrent cela de manière particulière, puisque les participants – quelque 8.000 attendus cette année dans le Jura bernois – peuvent concourir en s’essayant à l’arme de guerre.
 
Lors des cérémonies d’ouverture de cette 40e journée, Guy Parmelin a déclaré : « Le tir fait partie de l’ADN des Suisses. » Chef du département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, il est allé jusqu’à affirmer que le tir fait partie du devoir des citoyens, de par l’armée de milice et le tir en campagne.
 

Le tir cantonal bernois, un moyen de résistance au terrorisme

 
« On a une fausse impression dans ce pays que, chaque fois il y a un acte terroriste, c’est pour les autres », a-t-il déclaré lors de la cérémonie d’ouverture. Pour Parmelin, les Suisses « ont l’impression qu’ils sont protégés par leur neutralité, mais je crois que c’est une fausse impression de tranquillité ». « Je ne veux pas peindre le diable sur la muraille, mais simplement faire prendre conscience à la population : actuellement, le risque est élevé, reste élevé », a-t-il martelé. Il a rappelé que pour les terroristes, islamistes notamment, « les frontières nationales n’existent pas, elles n’ont aucune importance ».
 
« Engageons-nous pour nos valeurs et nos traditions, surtout quand elles sont menacées. Engageons-nous pour une Suisse sûre, indépendante, juste et libre, pour une Suisse où les citoyennes et citoyens honnêtes pourront continuer à vivre sans restriction et à se développer dans un pays où il restera possible de s’adonner au tir comme on l’a toujours fait », a-t-il conclu.
 

La Suisse fête la Journée du tir cantonal bernois dans l’esprit de ses traditions

 
Les organisateurs de la manifestation s’attendent à une affluence considérable alors que le tir cantonal bernois séduit des tireurs venus de l’ensemble de la Suisse pour une manifestation marquée par la célébration du patrimoine culturel, artisanal et gastronomique du pays. La fanfare de l’armée, les costumes traditionnels, fromage, charcuterie et vin sont de la fête. C’est une affirmation identitaire tranquille mais dans le contexte actuel, elle prend une dimension particulière.
 
Les premières sociétés de tir helvétique ont été fondées au XVe siècle, époque à laquelle il était fréquent dans les pays d’Europe de proposer aux populations de s’exercer au tir à l’arc en raison des dangers des guerres et des invasions. La Suisse, avec son armée citoyenne, a conservé la tradition et compte aujourd’hui 136 sociétés de tir dont 128 cercles qui pratiquent le tir à 300 mètres.
 

Anne Dolhein