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« Une seule Chine » : l’escale de Tsaï, présidente de Taïwan, aux Etats-Unis, nouvelle humiliation pour les communistes de Pékin

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Depuis le 1er octobre 1949, date de la proclamation de la République populaire par Mao Tse Toung tandis que le gouvernement nationaliste s’était réfugié sur l’île de Taïwan, c’est une obsession chez les communistes de Pékin : cette île doit leur revenir. Après le coup de fil en décembre de Donald Trump à la présidente taïwanaise Tsaï Ing-wen, qui ulcéra Pékin, voici que le passage effectué par cette dernière à Houston, au Texas, ce dimanche, déclenche de nouveau l’ire des communistes. D’autant qu’elle a été reçue par le gouverneur Abbott et le sénateur Cruz. Le régime de Pékin a une nouvelle fois prévenu Trump qu’il « prendrait sa revanche » si le nouveau président, une fois en fonctions, rompait avec la politique de la « Chine unique », en place depuis 1971.
 
Mme Tsai ne faisait qu’escale au Texas, avant une tournée officielle en Amérique centrale : Nicaragua, Guatemala, Salvador, Honduras. Une autre escale états-unienne est prévue à son retour, à San Francisco. Au Texas, la présidente taïwanaise a été reçue par le gouverneur Greg Abbott et le sénateur Ted Cruz. Ce dernier, qui avait concouru à la primaire républicaine, a déclaré que « la république populaire de Chine doit comprendre que nous, en Amérique, nous prenons librement les décisions concernant les visiteurs que nous désirons recevoir ». Le Texas entretient des relations étroites avec Taïwan, de nombreux de ses citoyens étant issus de l’île rebelle que Pékin s’obstine à qualifier de sa « 23e province ».
 

L’escale de la présidente de Taïwan aux Etats-Unis provoque la colère de la Chine

 
Le Global Times, quotidien anglophone du régime communiste, a déversé son venin : « Rester fidèle au principe de la Chine unique ne résulte pas d’un caprice de la Chine mais d’une obligation des présidents américains s’ils veulent protéger les relations Chine – Etats-Unis et respecter l’équilibre existant dans la zone Asie-Pacifique. » « Si, une fois entré en fonctions, Trump revient sur la politique de la Chine unique (…) le peuple chinois exigera que son gouvernement prenne sa revanche », glapit un éditorialiste. Pas un mot sur les vœux du peuple de Taïwan : le peuple, c’est le parti. Pour autant, le quotidien aux ordres reconnaît que l’escale de Mme Tsaï a été accompagnée « du protocole habituel réservé aux dirigeants de Taïwan quand ils transitent aux Etats-Unis ».
 
Pékin est « fermement opposé à ce que Tsaï ait des entretiens avec des dirigeants américain sous prétexte qu’elle est en transit, et dénonce ses tentatives de saboter les relations Chine-Etats-Unis », a péroré de son côté le porte-parole du ministère communiste des Affaires étrangères, Lu Kang. Réplique d’Abbott, à Houston : « Ce fut un honneur d’échanger avec la présidente Tsaï et d’évoquer la façon de développer nos deux économies à partir de notre partenariat commercial, déjà très favorable. »
 

L’humiliation des communistes de Pékin les pousse à provoquer les Etats-Unis

 
Le coup de fil de Trump à Mme Tsaï, en décembre, rompait avec près de quarante années de pratique diplomatique excluant toute relation directe entre les autorités taïwanaises et le gouvernement des Etats-Unis. Depuis, Pékin a menacé de prendre des mesures de rétorsions tant économiques que militaires contre Taïwan, envoyant le porte-avions Liaoning et son armada au sud des côtes de l’île.

Ravalant sa colère, le Global Times reconnaît toutefois « qu’aucun dirigeant fédéral n’a rencontré Tsaï lors de son escale » – à supposer qu’un sénateur fédéral ne soit pas un « dirigeant fédéral » – et qu’« au stade actuel, ni la Chine (communiste, NDLR), ni les Etats-Unis ne peuvent forcer l’autre partie à adhérer totalement à ses conceptions ou à accepter ses lois ». Les 300 millions de consommateurs américains valent bien les 23 millions d’habitants de Taïwan, qui représentent 1,67 % de la population de la Chine communiste, vivant sur un territoire ne dépassant pas 0,37 % de sa surface mais affichant un PIB équivalant à 5,11 % du sien. « En principe, le gouvernement des Etats-Unis ne devrait pas permettre aux “présidents” de Taïwan de transiter par leur territoire ou d’y entretenir des activités. Washington ne devrait pas armer Taïwan ou interférer dans les relations entre les deux rives du détroit (de Formose) », vitupère le Global Times. Mais il concède : « Pékin toutefois ne peut pas actuellement interrompre les relations entre les Etats-Unis et Taïwan. »
 

Matthieu Lenoir