Tuerie d’Orlando, Omar Mateen, islam, homos, terrorisme, immigration : les vraies questions

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Le tapage médiatique énorme qu’a provoqué la tuerie d’Orlando a multiplié rumeurs et supputations, illustrant les partis pris idéologiques dominants. Il faut maintenant dresser la liste des vraies questions regardant le tueur Omar Mateen, l’islam, les homos, le terrorisme et l’immigration, afin de déterminer les mobiles du tueur et ceux des médias dans cette histoire pleine de fureur.
 
Depuis quelques heures, on parle un peu moins des grèves, de la pluie et de l’Euro, même des rixes entre supporters. Dimanche soir, Omar Mateen, citoyen américain musulman, fils d’immigrés afghans, âgé de vingt-neuf ans, a pénétré dans une discothèque gay d’Orlando en Floride, nommée le Pulse, et tiré des rafales de fusil d’assaut, tuant cinquante personnse et en blessant autant, jusqu’à ce que la police l’abatte. Dans l’horreur, le bruit, la confusion, cette tuerie a été immédiatement l’occasion pour les médias de mélanger deux grandes questions, celle de son affiliation et celle de son mobile, sur le thème, « est-il ou n’est-il pas membre de Daech, s’inscrit-il dans le cadre du terrorisme ou non, a-t-il, ou non, agi mû par l’islam, la haine des homos ? » Personne, pourtant, n’a pensé à poser la question de l’immigration et de la différence des cultures et des religions, qui est la bonne.
 

Les liens d’Omar Mateen avec le terrorisme de Daech

 
Omar Mateen avait-il un lien institutionnel avec le terrorisme de type Daech ? Le président Obama a déclaré très vite dans la soirée qu’on n’en avait nulle preuve, et il avait raison. De leur côté, ceux qui pensent le contraire ont fait valoir des arguments très faibles. Ils ont avancé que le FBI avait enquêté sur lui – mais cela s’est terminé par un non lieu assorti d’une autorisation de port d’armes valide en Floride. Autre argument, un dirigeant djihadiste de la bande de Gaza, Abu al-Ayna al-Ansari aurait affirmé à un journaliste juif qu’il « savait » qu’Omar Mateen appartenait à la mouvance salafiste, sans pouvoir déterminer s’il était affilié à Al-Qaïda, Al Nosra ou Daech. C’est pour le moins vague et nullement probant. Troisième indice, toujours dans le vague, Omar Mateen aurait téléphoné au numéro d’urgence 9-1-1 pour « faire allégeance à Daech ». Que signifie « faire allégeance » en l’occurrence, pourquoi ce geste, et surtout où sont le texte et la preuve de cette déclaration ? Ce matin, on n’en avait pas la moindre idée. Dernier élément, selon l’agence Awak, « proche des djihadistes », Daech aurait revendiqué dès la nuit de dimanche la tuerie d’Orlando, ce qui a été confirmé aujourd’hui. C’est plus consistant mais ce n’est pas une preuve. L’État islamique, qui subit des revers au Levant, notamment à Falujah, a tout intérêt à faire croire qu’il a la capacité d’opérer contre les États-Unis chez eux.
 

La tuerie d’Orlando par haine des homos ?

 
Au demeurant, les questions autour de l’éventuelle affiliation d’Omar Mateen à Daech, lancées par le pouvoir américain, n’ont pas une importance primordiale. On a tout de suite affirmé que les coupables présumés de la tuerie du Onze septembre avaient un lien institutionnel avec Oussama Ben Laden sans en apporter la moindre preuve, et, sauf si j’ai manqué un morceau du film, on n’en a toujours pas apporté la preuve. Ce qui est déterminant en revanche, c’est la motivation d’Omar Mateen. Pourquoi a-t-il massacré plus de cinquante homos ? Parce que leur comportement est contraire à l’enseignement de l’islam ou par « dérèglement mental », par « homophobie » ?
 
J’ai écrit « dérèglement mental », car c’est la thèse dominante des médias, américains et européens, et les propres mots de l’ancienne compagne d’Omar Mateen, qu’elle a quitté précisément parce qu’il aurait été « violent et instable ». Le père d’Omar Mateen a d’ailleurs affirmé que, selon lui, son fils n’aurait nullement agi à cause de l’islam mais par « homophobie ». Et de raconter une scène où le jeune homme aurait exprimé son dégoût devant « deux gays qui s’embrassaient » dans la rue « devant (ses) enfants ». Ici, la question est volontairement mal posée, pour faire passer le message du pas d’amalgame et innocenter a priori l’islam. Moi aussi, comme neuf Françaises sur dix, le spectacle d’homos qui se lèchent le museau en pleine rue me paraît pas des plus ragoûtants, et j’ai un tempérament plutôt soupe au lait, mais je ne m’en précipite pas pour autant dans une boîte gay avec un fusil d’assaut, la taille bardée d’explosifs, en quête d’une tuerie.
 

Deux vraies questions liées à l’islam et l’immigration

 
Le dérèglement mental est-il vraiment plausible ? Un élément au moins milite fortement en sa défaveur, en attendant les conclusions de la police : il s’agit des enquêtes du FBI et du maintien de l’autorisation de port d’armes à Omar Mateen. A propos, on relève deux autres fausses questions dans le discours des médias. Celle des armes, de leur détention massive et sans contrôle. La gauche progressiste affirme que c’est une des grandes causes de mortalité aux États-Unis : la tuerie d’Orlando lui donne un double démenti, puisque si les malheureux gays massacrés avaient été armés ils auraient pu abattre Omar Mateen, qui, lui, était parfaitement en règle. Et l’autre est celle des contrôles de sécurité de plus en plus tatillons : on a beau multiplier les pratiques de plus en plus gênantes et liberticides, cela n’empêche nullement des individus décidés d’agir.
Dans ces conditions, les objurgations d’un Donald Trump, demandant des contrôles stricts, et aujourd’hui un arrêt de l’immigration des musulmans, risquent de n’être suivies d’aucun effet – puisque l’ennemi potentiel est déjà présent sur le lieu des crimes potentiels. Abu al-Ayna al-Ansari, encore lui, affirme que 900 agents dormants du terrorisme islamique sont déjà enkystés en Amérique. Info ou Intox ? Difficile de trancher en la matière, mais ce qui est sûr c’est que le nombre des immigrés musulmans présents sur le sol des États-Unis rend la chose plausible. A cet égard, la thèse de l’auto radicalisation agitée par les milieux dits progressistes est bien plus inquiétante que celle des agents infiltrés : si n’importe quel jeune musulman un peu malheureux ou instable peut s’autoradicaliser, alors, ne sont-ce pas des millions d’adeptes du terrorisme qui peuvent se lever demain et prendre leur fusil d’assaut ?
 

Mourir pour Orlando ? Seul l’islam en est capable

 
La notion d’auto radicalisation entre en fait dans la stratégie de choc des civilisations – ou plus exactement du choc des non civilisations. Car, derrière la figure d’Omar Mateen se dessine le jugement que l’Occident actuel porte sur son acte. Il apparaît en creux dans le communiqué publié par le propriétaire de la discothèque où a eu lieu la tuerie d’Orlando. Selon lui, le Pulse était « un lieu d’amour et d’acceptation » : par opposition l’acte d’Omar Mateen est un acte de haine et de refus. Cela rappelle le Bataclan, Charlie, le « patriotisme des terrasses » revendiquant l’hédonisme militant contre le fondamentalisme de l’islam et le terrorisme qu’il porte. En d’autres termes, l’oumma postmoderne a choisi le drapeau arc en ciel pour s’opposer à l’oumma de l’islam, l’Occident préfère Sodome à La Mecque. A la folie d’une fausse religion, il oppose la folie du relativisme et du refus de la nature.
 
Si l’on ne considère que le sang d’hier, cela se comprend, car Omar Mateen s’est pris pour l’ange exterminateur, qu’il a prétendu juger et tuer au nom de Dieu. Mais cela n’en laisse pas moins debout une question pénible : pourquoi une boîte gay était-elle, pour reprendre le vocabulaire des médias, « emblématique de la Floride » ? Sans doute, il n’est même pas besoin de le répéter, n’était-ce pas une raison pour tuer, mais, à l’inverse, quand il s’agira de combattre vraiment le terrorisme, nos soldats auront-ils une raison suffisante pour mourir ? Peut-on mourir pour Orlando ? Pour la chienlit et la confusion ? Ce qui s’est passé hier attire l’attention sur un double dérèglement moral et mental : celui que peut engendrer l’islam, bien sûr, mais aussi celui de l’Occident postmoderne.
 

Chasse aux homos d’Omar Mateen, terrorisme de Boko Haram

 
Le bruit qu’a produit la tuerie d’Orlando dans toute l’Euramérique doit en effet se comparer aux échos très modérés qui nous viennent d’Afrique à chaque tuerie de Boko Haram. Celle de Gwoza dans le nord est du Nigeria, qui a tout de même coûté la vie à mille chrétiens en février. Ou l’attaque de Bosso, cette semaine, au Niger, sur le lac Tchad. Sans doute entre-t-il une part de racisme dans cette indifférence, et une espèce d’obséquiosité de colonisé dans notre attrait pour tout ce qui vient des États-Unis. Mais la préférence pour le désordre, la préférence pour les homos est aussi l’une des obligations de notre nouvelle morale politique. Le sens d’un système politique est donné par ses préférences : l’Occident actuel préfère les communistes aux nazis et les homos à l’islam. C’est un mouvement qui a commencé à se dessiner à propos de Salman Rushdie, qui s’est développé aux Pays Bas, qui a éclaté aussi avec force avec Anton Berjvick en Norvège. Mais il ne vise l’islam qu’en tant que force de réaction aux « progrès » moraux de l’Occident post moderne, pas en tant que tel. Un islam conforme aux normes humanistes est bienvenu, souhaité, dans une grande convergence mondialiste.
 

La tuerie d’Orlando impose une étude de l’islam et du terrorisme

 
C’est-à-dire qu’au fond, dans la fureur bavarde de la confusion qui a suivi la tuerie d’Orlando, n’ont été agité que de fausses questions. Pourtant deux vraies questions dominent l’affaire. La première est sociologique, c’est l’immigration. Omar Mateen est citoyen américain, et il y en a beaucoup comme lui. La folie de la politique migratoire appliquée depuis quarante ans ne peut plus être cachée. Omar Mateen et la tuerie d’Orlando font partie de ce que l’universitaire juif américain Byron Roth nomme « les périls de la diversité ». En d’autres termes, le multiculturalisme porte en lui des conflits qui peuvent aller au pire. Son empire est dangereux par construction, aucune sécurité ne peut y être maintenue.
 
La seconde est philosophique, et même religieuse. Elle tient à l’auto radicalisation. Bien que le mot intégrisme ait été forgé pour discréditer à l’origine une part des catholiques, on n’a jamais vu de chrétien, aujourd’hui, s’autoradicaliser. Berjvick, nommé plus haut, n’est pas un chrétien, mais un franc-maçon sioniste radicalisé. Pourquoi donc l’islam est-il aujourd’hui la religion dont certains fidèles s’autoradicalisent en Occident ? A quoi est-ce lié ? Aux conditions de vie ? Mais alors, pourquoi d’autres malheureux ou révoltés ne s’autoradicalisent-ils pas ? Ou serait-ce lié à sa nature ? Aux textes de l’islam ? A l’histoire de l’islam ? Aux traditions juridiques de l’islam ? A la double fonction, temporelle et spirituelle, de l’islam ? Il y a ici, semble-t-il une étude globale à mener, au niveau des États d’Occident. Et des conclusions à prendre en fonction des réponses découvertes. Faudra-t-il interdire l’islam, ou demander à ses fidèles de s’en aller ? C’est une question qu’on ne saurait trancher sans une réflexion approfondie, mais qu’on ne peut pas interdire de poser a priori. Pour l’instant, le système n’en prend pas le chemin. Il appelle seulement à « résister à la haine ». Il dénonce « le fanatisme ». C’est-à-dire que l’humanisme maçonnique met toutes les religions dans le même sac pour faire avancer ses petites affaires en se nourrissant du sang des homos. Sans se demander s’il existe une religion d’amour et une autre de conquête.
 

Pauline Mille

 

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