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La méfiance vis-à-vis des voitures autonomes sans conducteur sera le principal obstacle à leur commercialisation

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L’accident survenu dimanche dernier à Tempe, dans l’Etat américain d’Arizona, était le premier accident mortel impliquant une voiture sans conducteur et un piéton. Les voitures autonomes sans conducteur sont nombreuses dans cet Etat, mais leur commercialisation à grande échelle n’est pas pour demain car elles continuent de susciter la méfiance.
 

Ce premier accident ayant entraîné la mort d’un piéton va-t-il retarder la commercialisation des voitures sans conducteur ?

 
La victime de Tempe, une dame de 49 ans qui traversait la route en poussant son vélo, se serait engagée sur la chaussée juste devant la Volvo XC90 d’Uber, et le conducteur de sécurité présent à bord ne l’aurait vue qu’au moment-même du choc. Selon la police qui enquête encore sur la manière dont l’accident est survenu, la voiture d’Uber n’aurait pas freiné de manière significative avant la collision. Deux agences fédérales responsables de la sécurité routière ont envoyé leurs équipes d’enquêteurs sur place « pour comprendre ce qui s’est passé et la technologie en place ». L’entreprise Uber a elle aussi envoyé une équipe. Le conducteur de sécurité de la Volvo, Rafael Vasquez, a vite été rebaptisé par la police et les médias Rafaela Vasquez car ce monsieur se dit « transgenre ». Le Daily Mail britannique a même rédigé tout un article en déclinant les pronoms au féminin pour parler de ce conducteur de sécurité Uber qui avait été condamné en 2000 pour tentative de vol à main armée.
 
Au moment de l’accident de dimanche, la voiture Uber roulait en mode autonome à environ 65 km/h, ce qui était dans les limites de la vitesse autorisée. Selon les premières constatations de la police faites à partir des enregistrements vidéo de la voiture, Rafael Vasquez n’aurait probablement pas pu faire grand-chose s’il avait été lui-même aux commandes au moment de l’accident. Si ce conducteur de sécurité devait néanmoins faire l’objet de poursuites, cela pourrait faire jurisprudence en matière de responsabilité civile et d’assurance pour les voitures sans conducteur. Uber pourrait en effet être également poursuivi en tant que personne morale propriétaire du véhicule autonome.
 

L’Etat d’Arizona venait de renforcer les conditions de mise en circulation des voitures autonomes

 
Cet accident est survenu moins de trois semaines après que le gouverneur de l’État d’Arizona, Doug Ducey, eut mis fin à un régime extrêmement libéral pour les voitures autonomes. Jusqu’ici, celles-ci pouvaient être testées en Arizona sans autorisation particulière, ce qui fait qu’il y en a aujourd’hui des centaines sur les routes de cet Etat du sud des Etats-Unis. Depuis le 1er mars, les voitures sans conducteur y sont soumises comme ailleurs à des conditions plus strictes. Derrière ce changement, il y a notamment la crainte de voir bientôt des compagnies comme Uber passer aux tests de véhicules autonomes sur la voie publique en l’absence de tout conducteur de sécurité.
 

La méfiance du grand public vis-à-vis des voitures autonomes prévaut des deux côtés de l’Atlantique

 
Or la technologie des voitures sans conducteur éveille la méfiance des deux côtés de l’Atlantique. Une majorité d’Américains n’envisagent pas de monter dans une voiture sans conducteur. C’est aussi vrai en Grande-Bretagne où ce type de véhicules est testé en ce moment dans quatre villes. Outre les problèmes techniques qui restent à résoudre, la circulation d’un grand nombre de véhicules sans conducteur sur les routes soulève des questions éthiques. Comment faut-il par exemple programmer le comportement d’une voiture sans conducteur pour les situations où elle aura le choix entre renverser un piéton ou faire une embardée qui l’enverra dans le fossé ou contre un poteau en blessant ou tuant ses occupants ? Pour l’ordinateur qui pilote un tel véhicule, les êtres humains ne sont que des formes auxquelles sont assignées des valeurs mathématiques. Nous sommes encore loin du temps où une telle voiture sera capable de deviner l’intention d’un piéton à l’expression de son visage.
 

Olivier Bault