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DRAME HISTORIQUE
Barbara ♥

 
Barbara est un drame historique français consacré à la célèbre chanteuse de ce nom. Barbara (1930-1997), de son vrai nom Monique Serf, a mené une longue carrière dans la chanson française, de 1959 à 1996. Elle a possédé une voix, et une diction du français chanté absolument impeccable, et que l’on entend plus du tout hélas de nos jours. Il y a là un intérêt certain du film : faire entendre à nouveau cette voix exceptionnelle. Ce film est de fait un biopic, un film biographique. Toutefois, le réalisateur Matthieu Amalric a voulu perturber tous les codes de ce genre, et a tenu à structurer son intrigue comme un film sur un film qui serait lui un biopic. C’est là une complexité pour le moins vaine, qui nuit au film. On regrettera aussi le flou permanent des dates, même si le spectateur peut les restituer à peu près grâce à des indices divers. Ce jeu de pistes permanent et volontaire est un peu pénible. Il faut vraiment une presse complaisante pour confondre esprit brouillon et prétentieux, et génie…
 
La simplicité pour un film biographique, respectant la chronologie, est quasiment toujours la meilleure approche. De fait, domine, malgré tout, et heureusement, dans la durée, une approche quasi-biographique de la carrière de la chanteuse Barbara. Juive ukrainienne d’origine, ce qui n’est curieusement jamais explicitement dit dans le film – est mentionné un singulier « Russe d’Odessa », alors que la chanteuse ne cachait pas sa judaïté (sans être pratiquante pour autant) -, Barbara, après des années et des années de travail personnel, a donc atteint une excellence indéniable dans la chanson française, alternant mélodies populaires et œuvres à texte, voire mélangeant les deux.
 

Barbara, une page d’histoire culturelle d’une France complètement disparue

 
Barbara propose une hagiographie de la chanteuse, applaudissant à strictement tout ce qu’elle a pu faire. Nous ne douterons pas de son talent, son application, mais toutefois certains de ses textes étaient parfois discutables ; et ils sont évidemment présents dans le film. Elle a mené une vie privée très libre, recherchant à la quarante ou cinquantaine des hommes de vingt ou trente ans de moins qu’elle ; sous la présidence de M. Macron, ceci fait un peu sourire, alors que l’on ne devrait pas. Le vagabondage sentimental ne l’a nullement rendu heureuse. Elle a pu faire preuve de générosité, animant des Noëls des orphelinats ou d’associations d’aides aux enfants pauvres ; de même, elle a tenu à chanter pour les prisonniers, dans leurs établissements carcéraux, de façon totalement bénévole, et surtout sans les caméras. C’est très bien. Par contre, elle a été aussi de nombreux engagements beaucoup plus discutables de la gauche bien-pensante.
 
Barbara possède, malgré un désordre voulu et pénible, du moins sur le premier tiers du film, une qualité essentielle de reconstitution d’une page d’histoire culturelle française, une France complètement disparue des années 1950 ou même 1970. Le spectateur de bonne volonté est pris d’une certaine nostalgie ; malgré toutes ses faiblesses, Barbara n’est donc pas absolument sans intérêt.
 

Hector JOVIEN

 
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