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Manifestation monstre contre les indépendantistes en Catalogne pour fêter le recours de Madrid à l’article 155 suspendant l’autonomie

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Les choses semblent prendre une assez mauvaise tournure pour les indépendantistes catalans. Alors que la rue leur appartenait depuis des années, leur radicalisme a réveillé les partisans de l’unité de l’Espagne, désormais capables de rassembler plus de monde dans la rue que les séparatistes. Ils étaient 1,1 million hier dans les rues de Barcelone, ou 350.000 selon la police municipale, après avoir été un million le 8 octobre (ou, déjà, 350.000 selon la police municipale). Ils fêtaient la mise en œuvre de l’article 155 de la constitution espagnole, et donc la suspension de l’autonomie et la convocation de nouvelles élections pour le 21 décembre prochain, et demandaient la prison pour le président destitué de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont.
 
Quels que soient les chiffres réels, c’est plus que les plus grosses manifestations pro-indépendantistes de ces dernières semaines. Et ce après n’avoir mobilisé, même selon leurs propres chiffres peu crédibles au vu des multiples irrégularités constatées, dans un contexte certes difficile puisque le référendum était illégal, seulement 38 % des électeurs appelés à voter. Un nouveau sondage publié par El Mundo montre d’ailleurs que le soutien à l’indépendance est en forte baisse en Catalogne en conséquence de la stratégie de la tension et du fait accompli déployée par les séparatistes alliés à l’extrême gauche. Seuls 33,5 % des Catalans voudraient voir leur région se séparer du reste de l’Espagne, contre 58,3 % qui s’opposent à une telle solution et 8,1 % qui ne se prononcent pas.
 

Coup d’Etat raté des indépendantistes en Catalogne : l’autonomie est suspendue en application de l’article 155 de la Constitution

 
Le président Puigdemont est démis de ses fonctions par le gouvernement espagnol, en même temps que tous ses conseillers qui se voyaient déjà ministres d’une république indépendante, et le parlement catalan a été dissous. Les principaux responsables de ce que d’aucuns appellent une tentative de coup d’Etat des séparatistes, à commencer par Carles Puigdemont et Carme Forcadell, l’ex-présidente du parlement dissous, sont poursuivis par le parquet espagnol pour rébellion et pourrait encourir entre 15 et 25 ans de prison. Si Puigdemont prétendait vouloir faire comme si de rien n’était, Forcadell a de fait reconnu la dissolution du parlement, de même que deux partis de la coalition indépendantiste, PDeCAT et ERC, puisqu’ils ont dit vouloir prendre part aux élections du 21 décembre.
 
A l’étranger, la stratégie de victimisation des indépendantistes fait un flop et aucun État ne veut reconnaître la proclamation d’indépendance de la « république » catalane votée vendredi par le parlement de Barcelone en présence de seulement 82 députés sur 135, dont seulement 70 ont voté pour. En Espagne-même, la proclamation d’indépendance catalane engendre de graves divisions au sein du parti Podemos. Si la branche catalane du parti envisage de s’allier aux indépendantistes pour le vote du 21 décembre et si, au niveau national, la fraction « anticapitaliste » de Podemos reconnaît la république indépendante de Catalogne, cela n’est pas du tout du goût de Pablo Iglesias et des autres factions du parti. Iglesias a donc décidé de reprendre le contrôle de la branche catalane et a montré la sortie aux « anticapitalistes ». Or Podemos était le seul grand parti national à ne pas avoir soutenu le recours à l’article 155.
 

Carles Puigdemont, président de la République de Catalogne comme Antoine de Tounens était roi d’Araucanie et de Patagonie

 
Dans ce contexte peu favorable aux indépendantistes, le voyage de Puigdemont et d’une partie de son gouvernement en Belgique ce lundi avait un côté tragi-comique. Ces messieurs envisageraient-ils de se constituer gouvernement en exil d’une république inexistante ? On ne peut s’empêcher de penser à Antoine de Tounens, ou Orélie-Antoine Ier, roi autoproclamé d’Araucanie et de Patagonie.
 

Olivier Bault