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DRAME/FANTASTIQUE
Dans la forêt ♠


 
Dans la forêt aurait pu être un film dramatique de ton classique, une forme de drame contemporain renvoyant à un fait social trop courant : un père divorcé, très loin physiquement de ses enfants, n’arrive pas à renouer des liens affectifs avec eux… Précisément, Dans la forêt présente le cas, crédible en soi, d’un père français divorcé, habitant et travaillant en Suède, qui ne voit désormais ses enfants d’environ 6 et 12 ans qu’une fois par an. Ainsi, il est devenu pour eux un quasi-inconnu. Le plus jeune a peur de lui, sans que son géniteur n’ait jamais témoigné, jusque-là, de méchanceté particulière, au contraire. Le problème est que le film veut s’inscrire dans le genre fantastique, bizarrement, voulant comme justifier cette peur irrationnelle du cadet. Le cadet, comme le père, mais non l’aîné, verrait un être effrayant, ou du moins au visage difforme ; il le surnomme le « diable ». Selon son père, il devrait apprendre à cohabiter avec lui, l’apprivoiser, l’écouter…A défaut de faire peur, les scènes fantastiques sombrent surtout dans le ridicule, du moins à ce qu’il nous a semblé. Certains critiques complaisants ont voulu y voir un nouveau « Shining » (1980), mais en ce cas ce « Shining » franco-suédois serait une variation totalement manquée autour du thème du père devenu fou dangereux, dans un contexte fantastique. Le film n’est pas clair, n’a ni thème ni idée dominante, et n’en est vraiment pas meilleur.
 

Dans la forêt : complètement manqué

 
Ce père veut donc passer des moments de retrouvailles à trois avec ses deux fils Dans la forêt profonde de Suède, d’où le titre. Or, si le cadet est avant tout craintif, et malgré tout suit à peu près les pérégrinations de son père, l’aîné ne fait pas même semblant de s’intéresser au programme de travaux manuels et de randonnées en canoë. Sa principale préoccupation est de se connecter aux réseaux électroniques, marquant ainsi la dépendance propre à sa génération et un mépris affiché du programme paternel, exactement opposé, et, malgré toutes les bizarreries du film, plutôt sain. Ce jeune adolescent, précoce pour le pire, se montre de plus en plus insolent, se mutine, et fugue. Fallait-il voir avec Dans la forêt une forme de parabole sur les difficiles retrouvailles père-fils ? Ceci reste douteux. La fin du film, narrativement assez absurde, pourrait éventuellement donner comme une clef d’interprétation en ce sens. Mais si tel est l’objet, le montage est alors fort mal fait. Le « monstre » est à la fois trop présent pour n’être qu’une œuvre d’imagination purement enfantine, et trop absent pour tenir lieu de protagoniste authentique dans la narration. Le ton juste n’est jamais trouvé. Aussi le film sombre assez vite. La dernière partie tend vers un non-sens répétitif, qui se veut certainement profond, et qui est simplement creux, vide. Elle dégage un ennui profond et définitif.
 
Ainsi Dans la forêt nous a semblé complètement manqué.
 

Hector JOVIEN

 
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