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L’aveu de l’OCDE : le Brexit n’est pas la catastrophe qu’on avait dite

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Est-ce une volte-face ? Ou un aveu… Revenant sur des prédictions catastrophiques en cas de vote pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, l’OCDE vient d’annoncer que l’économie britannique restera forte pendant l’ensemble de 2016. L’Organisation pour la coopération et le développement économique a revu ses prévisions à la hausse. Et si les chiffres restent modestes : plus 1,8 % de croissance du PIB en 2016 selon les prévisions actuelles, au lieu de 1,7 % annoncés en juin, par rapport à ce qui était annoncé, c’est toute la différence entre une légère progression et un effondrement spectaculaire en cas de Brexit.
 
L’OCDE avait largement participé à la campagne d’intimidation des électeurs en avertissant que le vote pour le Brexit entraînerait un « important choc négatif ». On le cherche toujours.
 

Après le Brexit, la croissance progresse au Royaume-Uni

 
Les prévisions revues à la hausse font toujours plaisir, mais elles peuvent être liées aux meilleures performances des voisins. En l’occurrence, ce n’est pas ce qui se passe : l’OCDE a au contraire revu à la baisse ses prévisions de croissance pour la plupart des autres grandes économies cette année, attribuant la morosité à une faible croissance du commerce et à une productivité médiocre. Le Royaume-Uni est même seul, face aux États-Unis, à la zone euro, au Canada et au Japon, à afficher une hausse sensible par rapport aux premières prédictions ; la zone euro dans son ensemble est actuellement créditée d’une croissance de 1,5 %, et les États-Unis qui devaient atteindre 1,8 % sont aujourd’hui relégués en-deçà de la zone euro avec 1,4 %.
 
On apprend cependant que l’OCDE a tailladé dans ses chiffres de prévision pour le Royaume-Uni en 2017, annonçant que la croissance atteindra l’année prochaine non pas 2 % mais 1 %. C’est une chute importante qu’elle associe à la baisse des investissements des entreprises. On reste cependant dans le positif, alors que bien des analystes voyaient l’économie britannique sombrer dans le rouge.
 

L’aveu de l’OCDE : la plupart des économies riches progressent moins vite que prévu, sauf l’économie britannique

 
Dans le même temps, l’Office national des statistiques britannique constate lui aussi que l’économie n’a pas été touchée par le vote en faveur du Brexit. Son économiste en chef, Joe Grice, assure : « Alors que l’on dispose de plus en plus d’informations, le résultat du référendum apparaît, à ce stade, n’avoir pas eu un effet majeur sur l’économie britannique. Celle-ci n’est pas tombée au premier obstacle mais les effets à long terme restent à voir. » On admire sa prudence, alors qu’avant le scrutin, tout le monde était si sûr de voir le pays s’effondrer.
 
Au mois d’août 2016, le gouvernement britannique a emprunté « seulement » 10,5 milliards de livres, contre 11,4 milliards en août 2015. La dette se creuse mais il s’agit tout de même, avec ce ralentissement de 8 %, du plus petit déficit enregistré en août depuis 2007.
 
En outre, le Royaume-Uni bénéficie d’un taux d’emploi d’un niveau record en même temps que les salaires grimpent, ce qui a pour conséquence de faire augmenter les recettes des impôts. La hausse de la consommation de son côté gonfle les recettes de TVA et d’impôt sur les sociétés : autant d’indicateurs positifs.
 

Le Brexit n’est pas une catastrophe. Pourquoi écouter ceux qui l’ont annoncée ?

 
Globalement, le déficit public pour l’année est actuellement estimé à 33,8 milliards de livres, soit une baisse de 4,9 milliards pour l’année ; c’est un peu moins que ce que prédisait l’office des statistiques en mars, alors que le nouveau chancelier de l’échiquier, Philip Hammond, a décidé de ne pas respecter les objectifs de réduction du déficit de son prédécesseur européiste George Osborne.
 
Il est intéressant de noter que l’OCDE, fidèle à la doctrine économique étatiste du moment, a cru bon d’inciter le Royaume-Uni à recommencer à emprunter davantage pour investir dans les infrastructures afin de donner plus de tonus à la croissance économique et prévenir le ralentissement prévu pour l’an prochain. C’est d’ailleurs ce qu’elle recommande partout, tout en faisant la promotion d’une croissance du commerce international.
 
Elle a l’outrecuidance de donner encore des conseils alors que ce qui semble devoir si bien marcher au Royaume-Uni est précisément ce qu’elle proscrivait il y a encore quelques mois.
 

Anne Dolhein