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Grands-parents, dehors !
Vous faites du mal à vos
petits-enfants…

Grands parents petits enfants
 
…et vous vous faites du mal ! C’est un peu le double message de cette nouvelle étude qui doit être présentée lors de la réunion des sociétés académiques pédiatriques qui se tiendra à San Francisco du 6 au 9 mai 2017. Son auteur, le docteur Adesman, chef de pédiatrie du développement et du comportement à New York, y assure que les grands-parents ont des pratiques médicales obsolètes dangereuses et que la garde de leurs petits-enfants nuit à leur propre épanouissement physique et mental.
 
Ou comment casser davantage les liens familiaux déjà bien émoussés…
 

Ce troisième âge revenu aux affaires familiales

 
Tout d’abord, il est à noter que l’auteur de l’analyse s’est penché uniquement sur les grands parents qui élevaient complètement ou presque leurs petits-enfants. Le phénomène est effectivement croissant dans nos pays développés.
 
Aux Etats-Unis, plus de 7 millions de petits-enfants aux États-Unis ont été élevés uniquement par leurs 2,7 millions de grands-parents en 2012 selon le bureau des recensements américain (pour divers tristes motifs). Au Royaume-Uni, ils sont 200.000 à s’en occuper.
 
Une cible restreinte, donc. Le danger évident est d’étendre de manière beaucoup plus générale les remarques de cette étude, pour servir la logique en cours de rupture de l’équilibre familial, de rupture entre les générations… et pousser les grands-parents à s’occuper tout simplement moins de leurs petits-enfants.
 

« Il est préoccupant que de nombreux grands-parents adhèrent encore à certaines pratiques parentales périmées »

 
Pour le Dr Andrew Adesman, les grands-parents sont manifestement inaptes en termes de soins. Par exemple, 13 % croyaient encore au pouvoir du beurre sur une brûlure, ou à celui de la glace comme 58 % d’entre eux. 61 % croyaient que laisser une plaie ouverte à l’air était mieux que de la couvrir avec un pansement.
 
40 % pensaient également que les enfants devraient être plongés dans un bain glacé s’ils avaient de la fièvre. Et près d’un quart ne savait pas que les nourrissons devaient être endormis sur le dos, et non sur le ventre ou le côté… « Bien que les grands parents puissent avoir l’expérience d’élever des enfants, certaines choses importantes ont changé au cours des 20 à 30 dernières années ».
 
Petite remarque : beaucoup de ces méthodes avaient déjà remplacé de plus anciennes qualifiées elles-mêmes, à l’époque, de dangereuses….On verra dans trente ans si un nouveau professeur certifie toutes les assertions du Dr Adesman…
 

Grands-parents, votre place n’est pas vraiment auprès de vos petits-enfants

 
Mais non seulement, ils peuvent donc faire courir un danger à leurs petits-enfants, mais ils peuvent aussi en pâtir. « Quand les grands-parents participent à l’éducation, cela peut être positif pour les petits-enfants, mais cela peut également poser des problèmes en termes de mode de vie, de finance et de santé mentale et physique » nous dit le Dr. Adesman.
 
D’abord, ils ont leurs propres problèmes médicaux – ils sont un tiers à le noter. Et 72 % d’entre eux trouvent que le fait d’avoir choisi d’élever leurs petits-enfants a eu une incidence négative sur leur propre santé émotionnelle ou physique. Surtout, plus des deux tiers estiment que cette charge a limité leur capacité à entretenir une vie sociale, pire, a affecté leur relation avec leur conjoint.
 
Il y a évidemment du vrai dans ces dernières assertions. Mais n’oublions pas, encore une fois, que l’étude évoque ces grands-parents élevant complètement leurs petits-enfants : on imagine sans peine les difficultés que ce défi, hors norme, peut représenter.
 

Soustraire toujours plus les enfants à l’influence familiale

 
Mais déjà, il semble que ce soit assez limité de parler de façons de soigner une petite brûlure, face à l’absence cruelle des parents… Peut-on réduire l’enjeu fondamental de l’épanouissement et de l’éducation des enfants à une question d’expertise médicale ? Aurait-il mieux fallu que ces petits qui avaient encore leurs grands-parents soient confiés à des inconnus, à des orphelinats ? Gageons que leurs Mamy et Papy ne l’auraient jamais voulu….
 
Et puis le danger est surtout qu’on étende ces réflexions, à la présence générale des grands-parents au sein des familles. La preuve en est donnée par la fin d’un article du Telegraph : au final, les enfants sont beaucoup mieux à la crèche ou à la garderie… « Les compétences motrices ainsi que sociales sont mieux développées ». Et pour les plus grands, ce sera centre aéré, colonies de vacances… où on imagine sans peine que le brassage social et la fréquentation de vrais « professionnels » achèveront le plus parfaitement possible – à votre place – votre enfant.
 
Certes, la vie moderne, qui a plus ou moins poussé la mère hors du foyer, demande souvent davantage aujourd’hui aux grands-parents. Mais ils sont les garants indispensables de la transmission et des valeurs, le trait d’union entre les générations, les piliers de sagesse et d’affection auprès desquels les enfants (et les parents) se réfugient.
 
Eux aussi devraient disparaître ? Pour une mauvaise cause assurément.
 

Clémentine Jallais