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La discrimination positive dommageable pour les personnes censées en bénéficier,
selon le professeur Sander de l’université de Californie

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Richard Sander, professeur de la faculté de droit de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), s’en est pris, devant les étudiants du groupe conservateur Bruin Republicans, à la discrimination positive en leur expliquant la théorie du Mismatch (match inégal). Ce n’est pas la première fois que Richard Sander soulève le problème des conséquences négatives de la discrimination positive pour les étudiants censés en bénéficier. En 2012 déjà, il avait cosigné un papier à ce sujet dans The Atlantic avec Stuart Taylor qui enseigne à la faculté de droit de la prestigieuse Université de Stanford. Cette thèse politiquement incorrecte lui a déjà valu de nombreuses attaques, comme cette accusation d’un leader étudiant noir, mise en ligne dans une vidéo vue plus de deux millions de fois, selon laquelle Richard Sander trouverait qu’il y a « beaucoup trop de jeunes Noirs » à l’UCLA.
 
Dans un rapport de 2012, Sander affirmait déjà que l’UCLA viole l’interdiction de recourir à la discrimination positive votée par référendum en 1996 sous forme d’amendement à la constitution de la Californie en persistant à appliquer de manière cachée un système de préférences en faveur de certaines minorités. Sander est aussi co-auteur du livre Mismatch: How Affirmative Action Hurts Students It’s Intended to Help, and Why Universities Won’t Admit It. (« Inadéquation : comment la discrimination positive nuit aux étudiants qu’elle est censée d’aider et pourquoi les universités ne veulent pas l’admettre »).
 

Selon le professeur Sander, l’Université de Californie poursuivrait une politique de discrimination positive malgré l’interdiction constitutionnelle

 
Devant les étudiants du groupe Bruin Republicans, qui l’avaient invité, le professeur Sander a fait état d’études montrant que les étudiants avec de moins bons résultats réussissent mieux en présence d’autres étudiants d’un niveau équivalent ou un peu supérieur qu’avec des étudiants largement meilleurs qu’eux. En présence de ces derniers, les étudiants moins bons ont tendance à décrocher, ce qui explique les taux élevés d’abandons notamment parmi les étudiants noirs ou latino-américains inscrits dans les meilleures universités grâce aux politiques de discrimination positive. Pour le professeur de droit, les étudiants qui en bénéficient obtiendraient généralement de meilleurs résultats s’ils s’étaient inscrits dans des universités moins prestigieuses, où la compétition est moins forte, sans que ce soit pour autant de mauvaises écoles. Le Pr Sander a évoqué toutes sortes de critères de discrimination positive, et pas uniquement les critères ethniques. « Parce qu’ils ont bénéficié d’un traitement préférentiel, ils n’apprennent pas aussi vite que leurs pairs, et ils sont donc découragés par les études et décident d’abandonner », a-t-il expliqué à propos des « bénéficiaires » de la discrimination positive.
 
Les responsables universitaires et étudiants refusent néanmoins de discuter de ce problème car ils ne veulent pas remettre en cause la discrimination positive et la paix raciale sur les campus, affirme encore Sander. Si le problème reste donc globalement masqué, le juge de la Cour suprême des États-Unis Antonin Scala avait évoqué la thèse du Mismatch comme argument dans l’affaire Fisher v. University of Texas, quand des étudiantes blanches avaient attaqué l’Université du Texas pour la discrimination raciale dont elles s’estimaient victimes du fait de la politique de discrimination positive de cette université.
 

Olivier Bault