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Laurianne Rossi, députée d’En marche, agressée :
la copieuse morale de la fable

Laurianne Rossi Députée En Marche Agressée
 
Laurianne Rossi, députée d’En marche la république des Hauts de Seine, a été agressée par un opposant sur un marché où elle tractait. Deux mois après ce qui est arrivé à NKM ce fait divers plus court qu’une fable de la Fontaine est l’occasion d’une copieuse leçon de morale de la part du système politico-médiatique.
 
Le monde est à feu et à sang de l’Irak au Venezuela, la Russie et les USA s’entre-sanctionnent, l’Europe et la France sont en proie aux violences inouïes de l’immigration, et la loupe des médias se focalise sur l’agression subie par une députée de La république en marche sur le marché de Bagneux dimanche. Alors qu’elle faisait sa promotion en distribuant des prospectus, elle aurait été agressée par un homme qui l’aurait traitée de « député godillot » avant de lui donner « un violent coup de poing dans la tempe droite » et de s’enfuir. Un coup « sans gravité corporelle », heureusement, selon les médecins.
 

Morale de la fable : en démocratie, toute violence est illégitime

 
Telle est du moins sa version des faits, dont l’enquête dira ce qu’il faut en penser. Mais on peut tout de suite se demander pourquoi un fait si mince provoque une si copieuse couverture médiatique. On pourrait invoquer la traditionnelle disette d’informations de l’été, mais justement, l’actualité politique est bien fournie. La réalité est que cette affaire est jugée emblématique par les médias du système et exploitée pour telle. Elle est explicitement rapprochée de « l’agression » subie par NKM et présentée comme le symptôme répété d’une crise de la conscience civique et politique.
 
Valérie Pécresse, notant que Laurianne Rossi était la deuxième femme politique agressée en deux mois a estimé sur tweeter : « Trop, c’est trop ». Et la victime elle même a tweeté : « Aucun désaccord politique ne peut justifier la violence, qui plus est contre les élus de la république et les femmes ». Des éléments de langage repris par toute la classe politique. Le premier ministre Edouard Philippe a occupé le créneau femmes en reprenant mot pour mot la réaction qu’il avait eu lors de l’affaire NKM, dénonçant une « agression lâche ». Quant au questeur « constructif » Thierry Solère, il a développé l’autre thème : « En démocratie, il ne peut pas y avoir de violence légitime ».
 

Comment le totalitarisme en marche exclut ses adversaires

 
C’est sans doute la morale principale de la fable de la députée agressée. Elle fait l’économie de l’analyse d’un phénomène capital, le rejet croissant, forcément de plus en plus violent, par le peuple, de sa classe politique. Un rejet dont on connaît les causes : l’incapacité de cette classe politique à résoudre les problèmes sociaux, sociétaux et nationaux qui se posent à la France et à l’Europe, ou plutôt la volonté opiniâtre de cette classe politique d’imposer aux peuples des solutions sociales, sociétales et antinationales qu’elle présente sous l’étiquette « réformes ». Un rejet dont bien sûr ladite classe politique ne veut pas divulguer les causes, puisqu’elles la mettent directement et radicalement en cause. C’est sa survie qui est en jeu, et c’est pourquoi elle tente toutes les manœuvres pour détourner l’attention du public. La fable de la député agressée en est un particulièrement bien adaptée à la société formatée par les médias : c’est une femme qui est agressée, et c’est la république.
 

La fable de la non violence contre le roman révolutionnaire

 
Ce qu’il y a de piquant, c’est qu’en prétendant défendre les institutions républicaines la campagne de presse s’attaque à la fois à la souveraineté populaire et à l’histoire de la république. En effet, en déclarant toute violence illégitime, on délégitime l’insurrection qu’on disait naguère « plus saint des devoirs » face à l’oppression, et l’on ôte toute justification aux révolutions qui ont fait la république, notamment celle de 1789. En même temps, pour l’avenir, la classe politique au pouvoir condamne absolument toute réaction du peuple face à ses abus, elle se donne les moyens, au nom d’une nouvelle morale politique, de réprimer durement tous ses opposants.
 

Laurianne Rossi, députée agressée : une exploitation copieuse et sans complexe du sexisme

 
Pour faire passer ce tour de passe-passe, le système joue sans vergogne, avec un sexisme qu’il assure combattre ailleurs, sur la fragilité de la femme, et la galanterie protectrice que lui doit le mâle gaulois. Entendez-moi bien, je n’approuve pas, si le fait est avéré, qu’on frappe une députée, ou une candidate, ou n’importe quelle femme, sur un marché. Mais je trouve indécente l’exploitation qui en est faite. L’entourage de NKM a fait savoir qu’elle est « évidemment solidaire avec Laurianne Rossi (devant cette agression qui) lui a fait revivre ce qu’elle a elle-même vécu ». Elle ment : en admettant que Mme Rossi ait reçu « un violent coup de poing dans la tempe », ce ne fut pas le cas de NKM. L’agresseur de Mme Rossi n’a pas pu faire vingt mètres avant d’être ceinturé par ses militants et remis à la police. Le contradicteur de NKM était resté un moment à quelques mètres d’elle sans que personne ne s’occupe de lui.
 
Une mise en scène trop copieuse et touffue comporte des erreurs. Mais l’essentiel de la fable, pour le système, n’est pas sa crédibilité, c’est sa morale.
 

Pauline Mille