Manger « sain et équilibré » est associé à davantage d’émissions de gaz à effet de serre, selon l’université Carnegie Mellon

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L’université Carnegie Mellon, située à Pittsburgh en Pennsylvanie, est l’une des plus réputées des Etats-Unis pour ses programmes en sciences de l’informatique et en électronique.


 
Une étude américaine menée par un groupe de scientifiques de la prestigieuse université de Carnegie Mellon révèle que la production de légumes de consommation courante est plus énergivore qu’on ne le pense, et qu’un régime alimentaire sain et équilibré basé sur la consommation de fruits et de légumes pourrait s’avérer plus néfaste pour l’environnement que de manger de la viande. Cette étude va donc à l’encontre de ce qui est actuellement prôné par les défenseurs de l’environnement qui incitent à ne plus consommer de viande pour inverser le « réchauffement climatique ». Les scientifiques ne remettent pour autant pas en cause l’idée de moins manger de viande ou celle selon laquelle les troupeaux de bétail contribuent pour beaucoup aux émissions des gaz à effet de serre. Ils ont simplement découvert que le fait de manger plus sain selon les recommandations du Département de l’agriculture américain a un impact plus important sur l’environnement et ce en dépit de la réduction de l’apport calorique prôné pour enrayer le phénomène d’obésité chez les Américains.
 

Manger sain et équilibré et moins de viande aboutit à augmenter les émissions de gaz à effet de serre

 
Les auteurs de cette étude ont défini trois régimes différents qui s’éloignent du mode américain de consommation alimentaire type, comme le recommande le Département de la santé américain, afin de quantifier les modifications induites dans la consommation d’énergie, d’eau et dans l’émission des gaz à effet de serre.
 
Le régime 1 réduisait l’apport calorique sans modifier les habitudes alimentaires, afin de le faire correspondre aux recommandations d’apport caloriques en vigueur aux Etats-Unis. Sans surprise, les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d’énergie et d’eau associées ont diminué de 9 %.
 
Le régime 2 modifiait la composition du régime alimentaire selon les recommandations du Département de l’agriculture américain, sans réduction de l’apport calorique. Cette modification s’est traduite par une augmentation de 43 % de la consommation d’énergie, de 16 % de la consommation d’eau et de 11 % de l’émission de gaz à effet de serre.
 
Le régime 3 était un mélange des deux précédents, réduisant l’apport calorique et observant les recommandations diététiques du Département de l’agriculture : il était associé malgré tout à une augmentation de 38 % de la consommation d’énergie, de 10 % de la consommation d’eau et de 6 % des gaz à effet de serre.
 

L’université Carnegie Mellon associe les régimes alimentaires équilibrés avec l’augmentation des gaz à effet de serre

 
Des résultats « étonnants », aux dires d’Anthony Froggatt, directeur de recherche à Chatham House, « think tank » indépendant qui mène actuellement une étude sur le lien entre la consommation de viande et l’émission de gaz à effet de serre.
 
L’étude a en effet permis de montrer comment la production, la transformation, le transport, les intermédiaires, la conservation et la préparation à domicile des différents aliments recommandés par les autorités sanitaires américaines ont un impact non négligeable sur l’environnement. Ainsi nombre de légumes de consommation courante tels la salade, les aubergines, le céleri ou les concombres requièrent plus de ressources en énergie et en eau par calorie produite.
 
Cependant, les résultats sont susceptibles de varier énormément en fonction de la méthode de production. D’autre part, l’étude porte sur la comparaison calorique des régimes, et non sur une comparaison protéinique comme c’est habituellement le cas. Anthony Froggatt affirme qu’« en règle générale remplacer la consommation de viande par des protéines d’origine végétale permet de réduire les émissions ». Pour lui, le point essentiel de cette étude réside dans le fait qu’il est nécessaire d’envisager à la fois l’impact sanitaire et l’impact environnemental des recommandations diététiques.
 

Nicklas Pélès de Saint Phalle