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Pause déjeuner écourtée dans une école primaire en Flandres : c’est pour éviter les petites vexations entre élèves

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Signe des temps… On ne peut plus laisser des enfants du primaire jouer en cour de récréation sans courir le risque de harcèlement, vexations et autres petits embêtements entre amis. C’est en tout cas ce qu’estime la direction de l’école primaire de Lauwe en Flandre occidentale, en Belgique : elle veut réduire de 40 minutes la pause déjeuner, dès la rentrée de septembre, pour tenter d’améliorer une situation devenue intenable. La pause écourtée passe de une heure et 40 minutes à 60 petites minutes seulement pour manger et se détendre.
 

Lutter contre les petites vexations en instaurant une pause déjeuner écourtée

 
Le directeur, Maarten Samyn explique : « Certains enfants ne font que s’ennuyer. C’est de là que viennent les petites vexations. Les enfants seront toujours des enfants et lorsqu’ils n’ont rien à faire, les choses peuvent mal se terminer. »
 
Même si en Flandre, la pause déjeuner consiste à avaler rapidement quelques sandwiches préparés par maman à la maison, la joie des longues récrés est donc terminée pour les petits élèves de Lauwe… Mais quel aveu d’échec. Est-ce le manque de surveillance ? Le manque d’activité physique proposée aux enfants ? Si la seule solution pour éviter ce qu’on pourrait appeler une petite délinquance primaire – encore que les enfants aient besoin de se frotter aux réalités de la vie ! – est de les enfermer dans leur classe, c’est que décidément, les promesses de socialisation qui entourent le discours favorable de la scolarisation précoce ne sont que du pipeau.
 
Il y a certes une raison pratique à l’interdit. L’école de Lauwe s’engage dans un projet de travaux qui va diviser la taille de la cour de récréation par deux pendant les quelques années à venir, et l’idée d’entasser 200 élèves dans cet espace réduit inquiète directeur et professeurs.
 

Une école primaire de Flandres préfère enfermer les élèves : l’échec de la « socialisation »

 
Mais s’il est vrai que l’ennui peut provoquer des comportements désagréables et que l’entassement n’aide en rien, il reste que les enfants ont aussi besoin de liberté et d’activités physiques. D’autres écoles belges ont résolu le problème en proposant des activités sportives, des portiques de gymnastique dans la cour, de la musique – et davantage de surveillance.
 
Et s’il y a des disputes ? Eh bien tant mieux, apprendre à régler les différends fait partie de l’éducation, jouer est une autre forme d’apprentissage, et les moments de liberté sont favorables à la concentration par la suite, observe un chercheur.
 
A Lauwe, les enfants auront au moins un avantage : ils quitteront l’école à 15 h 30 plutôt qu’à 16 heures. C’est toujours mieux que les très longues heures de cours qui servent aussi bien à les formater qu’à les décerveler à travers des programmes qui fabriquent des illettrés et des ignares, créant une violence qui s’exprime de plus en plus à l’école, parce que les enfants sont privés de la capacité de raisonner et d’analyser. Entre cela et les jeux vidéo, il y a peut-être d’autres raisons aux vexations à l’école de Lauwe que le simple fait d’avoir des récréations trop longues !
 

Anne Dolhein