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Synode, fronde en Allemagne : le cardinal Müller met en garde contre un schisme comparable à celui de Luther

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Dans un entretien accordé au quotidien allemand Die Tagespost, le cardinal Gerhard Müller vient de mettre en garde contre le danger de schisme qu’il voit actuellement comparable à celui qui a abouti au schisme de Luther en 1517. Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi a spécialement appelé l’Allemagne à prendre conscience de ce risque à l’approche du synode sur la famille, invitant les catholiques à être fidèles à l’Evangile. Il évoquait à la fois les remous à l’occasion du synode sur la famille et la fronde allemande qui conduit nombre de prélats à affirmer leur autonomie par rapport à Rome.
 
Le cardinal Müller a rappelé que les maîtres de la foi n’ont pas le droit d’endormir les consciences à la seule fin d’éviter le scandale : « Nous ne devons pas tromper les gens en ce qui concerne la sacramentalité du mariage, de son indissolubilité, de son ouverture à la procréation et de la complémentarité des deux sexes. L’aide pastorale ne doit pas perdre de vue le salut éternel », a-t-il déclaré, invitant à ne pas oublier les leçons de l’histoire de l’Eglise.
 

A l’occasion de la parution en Allemagne du livre du cardinal Sarah, le cardinal Müller avertit du risque d’un schisme à la Luther

 
En posant d’emblée le problème du point de vue du « salut éternel », le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi met les choses dans leur juste perspective, celle qui fait défaut dans les propositions du cardinal Kasper et de quelques-uns de ses confrères allemands qui mettent en avant la « sollicitude pastorale » avec au premier plan un souci très « horizontal » d’appartenance, une volonté de ne pas « exclure ».
 
« Il ne s’agit pas d’adapter la Révélation au monde mais de gagner le monde à Dieu », a-t-il insisté. Il s’exprimait au moment de la sortie en Allemagne du livre du cardinal Sarah, Dieu ou rien.
 
Le cardinal Müller accuse ouvertement ceux qui veulent changer la « pastorale » à l’égard des divorcés « remariés » – et par là la doctrine – d’invoquer abusivement l’autorité du pape François à leurs fins :
 
« On tente par tous les moyens – l’exégèse, l’histoire, la réflexion dogmatique, la psychologie et la sociologie – de déconstruire et de relativiser la doctrine catholique sur le mariage qui trouve son origine dans le Magistère de Jésus, à la seule fin de donner à l’Eglise une apparence conforme à la société. Tout ce qui reste fidèle à la doctrine de l’Eglise est publiquement attaqué et même dénoncé comme contraire au pape, comme si le pape, et avec lui tous les évêques qui sont en communion avec lui, n’étaient pas justement témoins de la Vérité révélée, celle qui leur a été confiée pour qu’ils l’administrent fidèlement, pour qu’elle ne puisse pas être rabaissée par les hommes à l’aune humaine. »
 

Le synode sur la famille, cristallisation de la fronde des évêques allemands

 
Le cardinal ne s’est pas privé de critiquer « la prétention allemande d’assurer le “leadership” de l’Eglise universelle », dans un contexte d’effondrement de la foi en Allemagne. Il faut l’analyser à la lumière du grand nombre d’apostasies, des confessionnaux abandonnés et des séminaires et des couvents vides, a souligné le cardinal, rappelant qu’on lui demande fréquemment comment l’« Eglise d’Allemagne » peut prétendre vouloir fixer les normes de la morale sexuelle et la doctrine du mariage alors qu’elle est si manifestement en pleine décadence.
 
Seule une « nouvelle évangélisation durable et pleine de sincérité et de zèle apostolique » pourra combattre le déracinement du christianisme en Allemagne », a-t-il averti.
 

Anne Dolhein