Le retour littéraire de Nicolas Sarkozy

Retour littéraire Sarkozy

Nicolas Sarkozy, un livre pour rebondir.


 
Pour Nicolas Sarkozy, il s’agit d’un retour sur son quinquennat, mea culpa des « erreurs » et « impairs », et reconnaissance des points positifs. Mais un retour pour l’instant littéraire. Pas question de voir dans La France pour la vie qui sort lundi, assure l’ancien chef de l’Etat, « une déclaration de candidature ». Même si la trame de l’ensemble ressemble à s’y méprendre à un programme…
 
Nicolas Sarkozy le dit : « Il est trop tôt. » A l’heure où ses principaux adversaires pour la primaire font effet d’annonce, l’ancien président se prétend « apaisé », et sans aigreur vis-à-vis de personne – même si les coups de patte n’épargnent pas, par exemple, un François Fillon. Pas même de règlement de compte avec son successeur. S’il a repris contact avec la politique, c’est pour les Français. Et aussi, et surtout, « parce qu’au fond c’est ma vie »…
 

Un retour littéraire

 
S’il n’est pas (encore) candidat, Nicolas Sarkozy n’en entend pas moins gérer le jeu à droite. Il se pose comme le garant de la « profondeur et la force du débat d’idées ». « Je veux, affirme-t-il, que la droite et le centre aillent jusqu’au bout de leurs nécessaires refondations idéologiques. »
 
Une ligne « solidement ancrée à droite », loin d’une coalition trop vaste qui ferait le jeu du Front national.
 
Droitière ? Peste ! Oh ! Certes, le patron des Républicains parle d’entreprises (« Ce sont le travail et les entreprises qui redresseront la France »), d’immigration (« Pas de contrat de travail, pas d’entrée sur le territoire national »), etc. Mais ce n’est pas tout à fait comme si nous avions affaire à un nouveau venu. Nous l’avons vu à l’œuvre. Oublierai-t-il déjà l’exercice critique qui ouvre sa réflexion ?
 
Pourtant, il l’affirme clairement : « On ne me reprendra pas à faire des compromis de circonstance avec mes convictions. Beaucoup pensent que j’ai perdu en 2012 parce que “j’en avais trop fait” ; moi je pense à l’inverse que j’aurais dû faire davantage. »
 
Ah !
 
Alors, pourquoi affirme-t-il – par exemple – qu’avoir ouvert son cercle à Patrick Buisson fût une « imprudence » ? Quelles sont les idées de droite affirmées en dehors de ce conseil ?
 

Que pense Nicolas Sarkozy ?

 
Et cette indication d’une évolution sur la question du mariage pour tous : « A la réflexion, je crains que (…) le remède soit pire que le mal. » Autrement dit, pas de retour sur la loi Taubira.
 
Madeleine Bazin de Jessey, porte-parole de Sens commun, cette émanation de la Manif pour tous engagée dans la vie politique, a estimé que Nicolas Sarkozy participait, ce disant, « au discrédit de la parole politique ». Le député Républicains Hervé Mariton dénonce un « parjure ». D’autres encore évoquent une trahison…
 
Pourquoi ? Parce qu’ils croient aux convictions d’un Nicolas Sarkozy qui, malgré un livre sur la France, semble bien incapable de les affirmer !
 

François le Luc