Elections en Catalogne : quel score pour les indépendantistes ?


 

José Maria Ballester, journaliste espagnol, interviewé par Armel Joubert des Ouches

 
José Maria Ballester est journaliste en Espagne à Madrid. Interviewé par téléphone ce vendredi 3 novembre, il s’est confié à l’un des journalistes de la rédaction de Réinformation.tv.
 
Le journaliste madrilène estime tout à fait juste et normal que Carles Puigdemont fasse l’objet d’un mandat d’arrêt à la demande de l’Espagne. Il y a quelques jours, l’ancien président du gouvernement régional Catalan s’est exilé en Belgique. « Il ne faut pas oublier, explique t-il, qu’en prenant une décision contraire à la constitution espagnole – le référendum du 1er octobre 2017 – Puigdemont a commis un acte de rébellion ! Maintenant, cette initiative de Madrid peut bien entendu déboucher sur une dégradation de la situation en Catalogne ».
 

Des manifestations moins nombreuses que prévues

 
Si la demande de la justice espagnole à l’encontre de Carles Puigdemont a provoqué quelques remous dans les rues de Barcelone ces dernières heures – des Catalans se sont exprimés à grand renfort de casseroles aux fenêtres et dans les rues – les contestataires sont actuellement moins nombreux que prévus. « Nous verrons dans les heures qui viennent de quelle manière va évoluer la situation. La semaine prochaine sera décisive. En effet, le 11 novembre, qui n’est pas un jour férié en Espagne, est la date limite de dépôt des candidatures pour les élections régionales en Catalogne ».
 

Les Catalans doivent revoter le 21 décembre 2017. Le pire scénario ? Que les indépendantistes l’emportent

 
Contraire à la constitution du pays, Madrid n’a jamais reconnu le référendum du 1er octobre dernier ni ses résultats ; référendum qui avait apparemment donné la victoire aux séparatistes. Le 27 octobre suivant, le gouvernement de Mariano Rajoy mettait le parlement de Barcelone sous tutelle en proposant la date du 21 décembre pour de nouvelles élections. « Pour certains, Rajoy prend de très gros risques. Si les indépendantistes sont majoritaires, Madrid sera dans l’embarras », explique José Maria Ballester.