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A New York, les jeunes préfèrent leurs smartphones et les jeux vidéo au sexe

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L’emprise du monde virtuel a des effets inattendus qu’on hésite à qualifier d’emblée de bénéfiques. Il paraît que les parents de la ville de New York, habitués à s’inquiéter du comportement de leurs adolescents, sont aujourd’hui en moyenne plus tranquilles. Au lieu de fumer, de boire et de s’intéresser au sexe, les jeunes se tournent aujourd’hui massivement vers leurs Smartphones et leurs ordinateurs, les jeux vidéo occupant la plus grande partie de leur temps libre. C’est une bonne nouvelle par rapport à la menace des infections sexuellement transmissibles ou le risque des grossesses adolescentes mais il n’y a aucune moralité là-dedans. Au contraire : les jeunes s’enfoncent de plus en ce dans un monde irréel, sans responsabilité.
 
Selon une enquête bisannuelle sur les comportements à risque chez les jeunes, réalisée par les Centers for Disease Control and Prevention, près de la moitié des « teenagers » – 45,6 % – ont passé au moins trois heures par jour à jouer aux jeux vidéo sur leur ordinateur. Ces chiffres remontent à 2015, période de la dernière collecte de données. Deux ans plus tôt, ils n’étaient « que » 41,7 %, contre 28,1 % en 2005. Ces pourcentages sont en moyenne 4 % plus élevés parmi les jeunes citadins de New York que dans le reste du pays.
 

A New York, smartphones et jeux vidéo tiennent lieu de relations humaines

 
Mais ils sont aussi plus nombreux – ce qui laisse croire à une corrélation – à dire « non » au sexe, à l’alcool et au tabac. La proportion de lycéens ayant déjà eu des rapports sexuels est tombée de 31,2 % en 2013 à 27,2 % en 2015 : c’est le taux le plus bas depuis que les CDC tiennent ces statistiques pour les élèves de l’équivalent américain de la troisième à la terminale. Par ailleurs, le pourcentage annuel relevé est de 14 % inférieur à la moyenne nationale de 41,2 %. En un sens, on peut imaginer qu’il s’agisse d’un progrès, mais à une époque où les adolescents pensent devoir exprimer leur amitié en passant à l’acte, c’est aussi le signe de la déliquescence des relations humaines.
 
La consommation d’alcool est elle aussi en baisse importante : 20,9 % des jeunes citadins de 14 à 17 ans environ ont reconnu avoir bu de l’alcool au cours des 30 jours précédant l’enquête, contre 24,7 % en 2013 et 41,8 % en 2001. La cigarette et le tabac en général sont en chute libre : 5,8 % des jeunes avouent avoir fumé en 2015, contre 8,2 % en 2013. Par contre, un adolescent sur six à New York, soit 15,9 %, consomment aujourd’hui des produits comportant de la nicotine : le vapotage est en très net progrès.
 

Les jeunes préfèrent de plus en plus leurs écrans au sexe

 
L’emprise croissante des écrans est évidemment liée à l’accès de plus en plus facile à Internet, ce qui explique l’augmentation du nombre d’heures passées sur les jeux vidéo. Mais c’est un risque sanitaire en soi : comme le notent les responsables des CDC, les heures de sédentarité liées au temps passé sur les écrans remplacent celles passées dehors à de saines activités sportives.
 
L’enquête ne parle même pas du visionnage de films sur Internet et encore moins de la pornographie dont on sait l’utilisation endémique parmi les jeunes, au risque de produire une génération incapables de relations humaines saines et normales.
 

Anne Dolhein